Économie

Avanza Previsión : « La dette espagnole résiste, mais elle ne peut pas rester indéfiniment découplée du rythme imposé par l’Allemagne et la France »

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Publié par Matthieu Delpont

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La hausse des coûts de financement reflète les tensions politiques et budgétaires croissantes en France, ainsi que les besoins accrus d’emprunt de l’Allemagne. Même si la dette espagnole fait preuve d’une plus grande résilience relative, l’auteur soutient que « croire que cette résilience équivaut à un îlot d’immunité serait un exercice d’aveuglement dangereux ».

Rapporté par Sergio Mensaque

Le marché européen de la dette souveraine traverse une période de profonds bouleversements, faisant tomber des barrières techniques qui semblaient appartenir au passé. Vision La France s’approche d’un rendement de 4 pour cent, des niveaux jamais vus depuis 2009, et l’Allemagne se stabilise à Niveaux de 2011 n’est pas simplement une anecdote boursière, mais un symptôme de une architecture financière qui commence à s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.

Sur fond d’eaux troubles et de promesses épuisées, La dette espagnole se maintient aux niveaux de 2023affrontant la tempête avec une montée beaucoup plus contenue, tout en gardant un œil attentif sur la tempête au nord. La cause profonde de cette hausse des rendements obligataires allemands et français réside dans une dynamique aussi complexe qu’inévitable.

Dans le cas de la France, une instabilité politique chronique et une incapacité manifeste à maîtriser un déficit galopant ont épuisé la patience des investisseurs, qui réclament désormais une prime de risque idéologique et budgétaire insoutenable. L’Allemagne, pour sa part, subit le suite au retrait des mesures de relance par la Banque centrale européenne et l’énorme besoin d’émettre de la dette pour financer sa transition et sa défense.

Un poison qui imprègne toute l’économie

Plus l’urgence de liquidité est grande et plus le désordre budgétaire est grandplus la valeur des obligations d’État est faible et plus la pénalité imposée par les marchés est élevée sous forme de rendements. Les dangers posés par cette hausse des taux d’intérêt sont aussi silencieux que dévastateurs. Quand le coût du crédit s’envole, les gouvernements sont obligés de saigner à sec leurs budgets publics payer des intérêts sur les emprunts passés, détournant ainsi des ressources vitales des soins de santé, de l’éducation ou des investissements qui construisent l’avenir.

Cette hausse des coûts d’emprunt agit comme un poison qui imprègne toute l’économie, étouffer le crédit aux ménages et aux entreprises. Au milieu de cette tourmente, la performance de la dette espagnole se distingue par son une relative résilience, soutenue par la dynamique positive de l’emploi et de la demande intérieure, qui ont résisté meilleurs que ceux de ses partenaires européens. Cependant, croire que ce confinement équivaut à un îlot d’immunité serait un exercice d’aveuglement dangereux ; la périphérie ne peut pas rester éternellement détachée du rythme imposé par la locomotive allemande.

Regarder les courbes de rendement des obligations européennes aujourd’hui, c’est comme regardant par-dessus le bord d’un abîme que nous pensions avoir été pavée pour de bon. Les chiffres de 4 pour cent à Paris et le retour aux niveaux de 2011 à Berlin ne sont pas de simples corrections des analystes, mais le cicatrices ouvertes d’un modèle qui a épuisé sa marge d’erreur.

Que nous aimions l’admettre ou non, la discipline de marché agit comme un pendule implacable qui impose toujours le prix des excès. L’Espagne tient bon dans sa tranchée avec un attentisme plus digne, il est vrai ; mais la sensation générale est celle de marcher sur du verre très fragile, se réjouir que l’eau ne nous ait pas encore complètement engloutis, tout en ignorant que la marée continue de monter, lentement et fatalement, jusqu’à étouffer le pouls d’une Europe qui confond stagnation et paix.